Message 178
 
     
 

Paris 14 Nov, 2009

 
     
 

La Compréhension profonde comparée au sens littéral

Quelques Kriyabans occidentaux demandèrent à un Kriyaban indien quelle était la traduction littérale du Chant pour les Kriyabans proposé dans le message 177… Malheureusement, nous ne nous intéressons qu’à l’effort intellectuel et pas à l’authenticité de la compréhension intelligente! Au lieu de nous intéresser à Chaitanya (la Vie), nous ne nous préoccupons que de Chitavritti (le mental).

Une traduction littérale de 'Gurudevo Charanam’ pourrait être : «inclinez votre tête confuse aux pieds sales du Guru que vous considérerez comme Dieu!»

Mais dans la dynamique du Guru (qui n’est pas une personnalité), l’aurore de la Divinité est peut-être advenue, s’accompagnant d’une dissolution de la dualité dans l’être intérieur du Guru. L’invitation est ainsi de permettre au «je» séparatif de se rendre disponible au processus de capitulation à ce «non-je», à la non-division dans l’être du Guru. Voilà la véritable compréhension. Cependant, le «je» est plus enclin, par habitude, à succomber à l'autorité! D’où cette demande pour connaître le sens littéral.

L'implication littérale de 'Kriyabano Paramam’ pourrait être : «Organisez une mafia de Kriyabans!»

C’est ce qui se passe partout. Au nom de la religion et de la spiritualité, toutes sortes de sectes et de cultes sont organisés, tous en désaccord les uns avec les autres! Il n'y a aucune compréhension, mais seulement des conflits entre les êtres humains. Il n’y a pas de vie, pas d’amour; tous se morfondent dans l’agitation du mental !

Mais ce qui est suggéré aux Kriyabans est ceci: Permettez à l’énergie d’amour de se répandre parmi les Kriyabans car c’est dans l'énergie de la Compréhension qu’ils s’épanouissent.
Ensuite le sens littéral de 'Adhyatmo Smaranam’ serait : Lisez les Saintes Écritures comme la Bible, le Coran, les Vedas et le Dhammapada etc…. Ou bien lisez tous les stupides livres du marché spirituel.

Mais ce que nous proposons est ceci : Lisez le livre vivant de vos affaires intérieures. Examinez l’activité du «je» sans être pris dans la division entre l’observateur et l’observé. Cette vigilance quant à la non-division peut provoquer une transformation radicale dans notre être intérieur par un phénomène d’annihilation du «je», et pas simplement une reconstruction ou une reformulation de cette merde infâme appelée «je».
S'il vous plaît, écoutez Shibendu avec la vie! Ne vous contentez pas de l’entendre avec votre mental, intrinsèquement sot et stupide, au nom de l’approche dite “intellectuelle”!

1) Sans la compréhension, l’expérience du “je” (du “moi”) ne peut que nourrir et entretenir l’illusion. Avec la compréhension intérieure, l’expérience ne laisse aucune trace; elle n’entraîne pas la moindre accumulation de résidus, de sédiments psychologiques.

2) La compréhension intérieure est la découverte, à tout instant, des voies de l'ego, de ses intentions et de ses objectifs, de ses idées et de ses appétits.

3) Le «je» aime vivre dans l'illusion parce qu'il y trouve une grande satisfaction; c'est un paradis privé des plus stimulant et qui nous donne un sentiment de supériorité!

4) Comme la plupart des gens aiment éviter d’être confrontés à ce qui est, ils bâtissent des organisations avec des propriétés et des rituels, des vœux et des rassemblements. Et l’un d’eux, plus rusé que les autres, devient le chef, l’intermédiaire ou le représentant de cette illusion!

5) La plupart d'entre nous aiment exploiter et être exploités. Les organisations et leur hiérarchie offrent un système et avec lui les moyens nécessaires à l’exploitation.

6) Nous (le mental) avons grand besoin d’être quelque chose pour éviter la peur tenaillante de ne rien être. Mais voilà, nous ne sommes rien. Le mental est un mythe, même s'il présente une valeur fonctionnelle dans le domaine technique. Et dans le but d’être quelqu'un, nous nous affilions à diverses organisations, idéologies, églises, à différents cultes. Ainsi nous sommes exploités et nous, à notre tour, exploitons les autres.

7) Le désir, à tous les niveaux de notre être, engendre et nourrit nos conflits comme nos tentatives d’échapper à ces conflits. Il ne fait qu’accroître la confusion --- tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

8) La compréhension de ces besoins compulsifs vient seulement en étant constamment conscient des mouvements du «je» sans la dichotomie qui survient dans la conscience centripète. Cette perception non fragmentée est en effet bien difficile, mais c’est là le véritable processus du Guru. L'autorité extérieure engendre le pouvoir mais tout pouvoir est profane. Le pouvoir ne corrompt pas seulement le détenteur du pouvoir, mais aussi celui qui le suit. L'autorité de la connaissance et de l'expérience peut être aussi une perversion.

9) La compréhension du moi est le début de la sagesse et il n'y a aucun sentier qui mène à cette sagesse. Cette sagesse est toujours nouvelle, toujours fraîche et il n'y a aucun moyen de la cultiver. Ce qui est formulé et assemblé d’ici et là ne peut être que fragmenté. Ce n’est en aucun cas l'intégralité de la vérité, de la joie, de la vie ou de la sagesse. Dans la tranquillité et le silence de la sagesse, il y a l’incommensurable, l’innommable, inconnaissable, le non-manifesté.

JAI le non-manifesté!